Comment ça marche ?

Un panneau solaire photovoltaïque est composé de cellules en silicium. Quand la lumière du soleil les frappe, les photons arrachent des électrons aux atomes de silicium. Ces électrons en mouvement, c'est de l'électricité en courant continu.

Cette électricité passe ensuite par un onduleur (ou des micro-onduleurs) qui la transforme en courant alternatif 230 V — utilisable par votre maison ou injectable sur le réseau EDF.

Bon à savoir : un panneau ne « stocke » pas l'énergie. Sans batterie, ce que vous ne consommez pas immédiatement est soit revendu, soit perdu.

Les composants d'une installation

  • Modules photovoltaïques — les "panneaux" eux-mêmes. Composés de cellules en silicium (PERC, TOPCon, HJT…). Durée de vie : 25-30 ans avec dégradation progressive.
  • Onduleur central ou micro-onduleurs — convertissent le courant continu en courant alternatif. Durée de vie : 10 à 15 ans typiquement (souvent moins que les panneaux).
  • Compteur de production — Linky configuré spécifiquement, ou compteur dédié, pour mesurer ce qui est injecté.
  • Coffret de protection AC/DC — disjoncteurs, parafoudre, sectionneurs.
  • Câblage solaire — câbles spécifiques résistant aux UV, gainage adapté.
  • Système de fixation — rails, crochets, plots adaptés au type de toiture.

STC : pourquoi les chiffres du fabricant ne sont jamais ceux de votre toit

Les fiches techniques des panneaux affichent une puissance "410 Wc" ou "500 Wc". Ces chiffres sont mesurés en conditions de laboratoire dites STC (Standard Test Conditions) :

  • Irradiance solaire : 1 000 W/m² (équivalent à un soleil d'été à midi pile)
  • Température des cellules : 25 °C
  • Spectre solaire normalisé AM 1.5

Le piège : sur votre toit, les cellules atteignent 50 à 70 °C en été. Or chaque degré au-dessus de 25 °C fait perdre 0,3 à 0,4% de production. À 60 °C : -10 à -14% par rapport à la datasheet.

Conséquence : un panneau de 410 Wc produit en réalité 340-380 Wc en plein été à midi. C'est normal, ce n'est pas un défaut. Mais si un commercial vous promet "410 Wc multipliés par X panneaux", il oublie ce détail.

kWc vs kWh : la confusion qui coûte cher

Deux unités, deux significations totalement différentes :

  • kWc (kilowatt-crête) — la puissance maximale théorique de l'installation, en conditions parfaites. C'est une capacité. Comparable à la puissance d'une voiture en chevaux.
  • kWh (kilowatt-heure) — l'énergie réellement produite ou consommée sur une période. C'est une quantité. Comparable aux litres d'essence consommés pour faire un trajet.

Une installation de 6 kWc produira typiquement entre 6 000 et 8 500 kWh par an selon la région et l'orientation. Le rapport est appelé productible (kWh/kWc/an) et c'est le seul chiffre vraiment comparable entre installations.

Orientation et inclinaison du toit

Trois facteurs géométriques jouent fortement sur la production :

  1. Orientation — plein sud = optimal en France. Sud-Est et Sud-Ouest perdent ~4%. Est et Ouest perdent ~15%.
  2. Inclinaison — l'optimum théorique en France est autour de 30°. Un toit plat perd ~12%, une pente très forte (>60°) perd plus.
  3. Ombrages — un seul panneau partiellement ombragé peut faire chuter la production de toute une chaîne (string) si l'onduleur est mal conçu. Les micro-onduleurs ou optimiseurs limitent ce problème.

Autoconsommation, revente, vente totale

Trois façons d'utiliser l'électricité produite :

ModèlePrincipePour qui ?
Autoconsommation totale L'électricité produite est consommée immédiatement. Le surplus éventuel est injecté gratuitement. Petits foyers, faible production. Très peu rentable au-delà de 3 kWc sans batterie.
Autoconsommation + surplus Vous consommez ce que vous pouvez, le reste est revendu à EDF OA (4 c€/kWh ≤ 9 kWc en 2026). ★ Le seul modèle viable pour la majorité des particuliers depuis la réforme 2025.
Vente totale Toute la production est revendue à EDF OA. Option supprimée depuis mars 2025 pour ≤ 9 kWc. Réservé aux installations 9–100 kWc (toits agricoles, hangars).

Notre recommandation 2026 : pour un particulier, l'autoconsommation avec vente du surplus est le seul modèle viable. Le calcul : chaque kWh autoconsommé vous économise ~19 c€ (prix EDF mai 2026), alors qu'un kWh revendu ne rapporte que 4 c€ (tarif CRE T2 2026). Maximisez l'autoconsommation en pilotant vos appareils énergivores (chauffe-eau, lave-linge, voiture électrique) aux heures de production.

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