Comment ça marche ?

Un panneau solaire photovoltaïque est composé de cellules en silicium. Quand la lumière du soleil les frappe, les photons arrachent des électrons aux atomes de silicium. Ces électrons en mouvement, c'est de l'électricité en courant continu.

Cette électricité passe ensuite par un onduleur (ou des micro-onduleurs) qui convertit le courant continu (DC) issu des panneaux en courant alternatif (AC) 230 V — la forme utilisable par votre maison ou injectable sur le réseau public d’électricité. Sans cette conversion DC→AC, l'électricité produite serait inutilisable par vos appareils domestiques.

Bon à savoir : un panneau ne « stocke » pas l'énergie. Sans batterie, l’électricité non consommée immédiatement est soit revendue dans le cadre d’un contrat adapté, soit injectée sur le réseau sans valorisation financière.

Les composants d'une installation

  • Modules photovoltaïques — les "panneaux" eux-mêmes. Composés de cellules en silicium (PERC, TOPCon, HJT…). Garantie produit : 25 ans en standard, durée de vie réelle : 30 ans et plus, avec une légère dégradation annuelle d'environ 0,5 %/an (un module produit encore ~87 % de sa puissance nominale après 25 ans).
  • Onduleur central ou micro-onduleurs — convertissent le courant continu en courant alternatif. Durée de vie : 10 à 15 ans typiquement (souvent moins que les panneaux).
  • Compteur de production — Linky configuré spécifiquement, ou compteur dédié, pour mesurer ce qui est injecté.
  • Coffret de protection AC/DC — disjoncteurs, parafoudre, sectionneurs.
  • Câblage solaire — câbles spécifiques résistant aux UV, gainage adapté.
  • Système de fixation — rails, crochets, plots adaptés au type de toiture.

STC : pourquoi les chiffres du fabricant ne sont jamais ceux de votre toit

Les fiches techniques des panneaux affichent une puissance "410 Wc" ou "500 Wc". Ces chiffres sont mesurés en conditions de laboratoire dites STC (Standard Test Conditions) :

  • Irradiance solaire : 1 000 W/m² (équivalent à un soleil d'été à midi pile)
  • Température des cellules : 25 °C
  • Spectre solaire normalisé AM 1.5

Le piège : sur votre toit, les cellules atteignent 50 à 70 °C, particulièrement en été. Or chaque degré au-dessus de 25 °C fait perdre environ −0,4 % de production (coefficient de température typique des modules silicium). À 60 °C : −10 à −14 % par rapport à la datasheet. Conséquence contre-intuitive : ce n'est pas en plein été qu'un panneau est le plus efficace, mais au printemps, quand le soleil est franc et l'air encore frais.

Conséquence : un panneau de 410 Wc produit en réalité 340-380 Wc en plein été à midi. C'est normal, ce n'est pas un défaut. Mais si un commercial vous promet "410 Wc multipliés par X panneaux", il oublie ce détail.

kWc vs kWh : la confusion qui coûte cher

Deux unités, deux significations totalement différentes :

  • kWc (kilowatt-crête) — la puissance maximale théorique de l'installation, en conditions parfaites. C'est une capacité. Comparable à la puissance d'une voiture en chevaux.
  • kWh (kilowatt-heure) — l'énergie réellement produite ou consommée sur une période. C'est une quantité. Comparable aux litres d'essence consommés pour faire un trajet.

Le rapport entre les deux est appelé productible (kWh/kWc/an) et c'est le seul chiffre vraiment comparable entre installations. En France métropolitaine, il varie selon la zone géographique : de ~850 kWh/kWc/an dans le Nord et l'Est jusqu'à ~1 450 kWh/kWc/an sur la côte méditerranéenne et en Corse, à orientation et inclinaison équivalentes. Concrètement, une installation de 6 kWc produira typiquement entre 5 100 kWh/an (Nord) et 8 700 kWh/an (Sud).

Orientation et inclinaison du toit

Trois facteurs géométriques jouent fortement sur la production :

  1. Orientation — plein sud = optimal en France. Sud-Est et Sud-Ouest perdent ~4%. Est et Ouest perdent ~15%.
  2. Inclinaison — l'optimum théorique en France est autour de 30°. Un toit plat perd ~12%, une pente très forte (>60°) perd plus.
  3. Ombrages — un seul panneau partiellement ombragé peut faire chuter la production de toute une chaîne (string) si l'onduleur est mal conçu. Les micro-onduleurs ou optimiseurs limitent ce problème.

Autoconsommation, revente, vente totale

Trois façons d'utiliser l'électricité produite :

ModèlePrincipePour qui ?
Autoconsommation totale L'électricité produite est consommée immédiatement. Le surplus éventuel est injecté gratuitement. Petits foyers, faible production. Très peu rentable au-delà de 3 kWc sans batterie.
Autoconsommation + surplus Vous consommez ce que vous pouvez, le reste est revendu à EDF OA. Le tarif dépend de la puissance, de la date de demande et des textes en vigueur. ★ Souvent le modèle le plus pertinent pour les particuliers, à vérifier selon votre profil de consommation.
Vente totale Toute la production est revendue à EDF OA. Attention : les règles applicables aux petites installations ont évolué depuis 2025 et doivent être vérifiées avant signature. À vérifier au cas par cas selon la puissance, le type de bâtiment et la réglementation en vigueur.

Notre recommandation : pour beaucoup de particuliers, l'autoconsommation avec vente du surplus est le modèle le plus simple à comprendre et à comparer. Le calcul dépend surtout du prix de votre électricité, du tarif de rachat du surplus et de votre taux d’autoconsommation. Ces valeurs changent régulièrement : vérifiez toujours les sources officielles avant de signer.

Conseil concret — déplacer les charges : programmez votre lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge et chauffe-eau aux heures de production solaire, par exemple en début d’après-midi, plutôt qu'en soirée. Sur une année, ce simple décalage horaire peut améliorer votre taux d'autoconsommation sans investissement matériel.

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